🐾 Vacances en Ardèche : la mission impossible des ruelles ardéchoises
Il existe des promenades tranquilles.
Des promenades reposantes.
Des promenades où l'on admire simplement le paysage.
Et puis...
Il existe les idées de Maman.
Ce matin-là, elle avait décidé de visiter un magnifique village ardéchois.
Des maisons en pierre.
Des passages voûtés.
Des ruelles pleines de charme.
Enfin...
Surtout pleines de pierres.
Et de murs.
Beaucoup de murs.
— Oscar...
— Oui Sandy ?
— Tu crois qu'on va mourir ?
— Pas du tout.
— Alors pourquoi les murs se rapprochent ?
Je regardai autour de moi.
Il faut reconnaître que la situation devenait préoccupante.
Depuis plusieurs minutes, Maman poussait notre poussette dans une ruelle si étroite que même un chat au régime aurait eu du mal à passer.
Les vieilles pierres semblaient presque se toucher au-dessus de nos têtes.
Devant nous...
Une arche.
Derrière nous...
Une autre arche.
À droite...
Un mur.
À gauche...
Encore un mur.
Bref.
Une promenade typiquement humaine.
— Je te l'avais dit, Sandy.
— Quoi donc ?
— Les humains ont un sens de l'orientation très approximatif.
— Tu crois que Maman sait où elle va ?
— Absolument pas.
Maman avançait centimètre par centimètre.
La roue gauche frottait la pierre.
La roue droite frottait l'autre pierre.
Le guidon passait au millimètre.
À un moment, j'ai sincèrement cru que notre poussette allait devenir un élément du patrimoine historique local.
Avec une petite plaque gravée :
« Ici repose la poussette d'Oscar et Sandy, héroïquement coincée dans une ruelle ardéchoise durant l'été 2026. »
Sandy regardait alternativement les murs...
Puis Maman...
Puis les murs.
— Oscar ?
— Oui ?
— Si on reste coincés ici...
On mange quoi ?
— Probablement les touristes.
— Ah.
— Ou les biscuits qu'ils transportent.
— C'est rassurant.
À cet instant, Maman tenta une manœuvre particulièrement audacieuse.
Un petit coup à gauche.
Un demi-centimètre à droite.
Un léger recul.
Puis encore en avant.
Je n'avais jamais vu quelqu'un conduire une poussette avec autant de précision.
On aurait dit une pilote de Formule 1.
Mais dans un village médiéval.
Quelques touristes s'arrêtèrent pour observer la scène.
L'un d'eux souriait.
Un autre sortit son téléphone.
— Oscar...
— Oui ?
— Ils vont nous aider ?
— Non.
— Ils font quoi alors ?
— Ils attendent de voir si Maman réussit la mission.
— Ah...
Je dois reconnaître qu'elle se débrouillait plutôt bien.
À chaque virage, elle trouvait le bon angle.
À chaque passage difficile, elle nous demandait doucement :
— Ça va les loulous ?
Bien sûr que ça allait.
Enfin...
Presque.
Parce que moi, Oscar, explorateur officiel des vacances, je commençais sérieusement à envisager une carrière de chien de montagne.
Les chemins larges, finalement, ce n'est pas si mal.
Soudain...
Un rayon de soleil apparut devant nous.
La sortie !
Encore quelques mètres.
Une dernière poussée.
Et nous retrouvâmes enfin une petite place baignée de lumière.
Maman poussa un immense soupir de soulagement.
Moi aussi.
Mais uniquement pour lui faire plaisir.
Un Yorkshire aventurier ne reconnaît jamais qu'il a eu un tout petit peu peur.
Même lorsque sa poussette manque de devenir un monument historique.
🐾 La pensée d'Oscar
Les humains adorent visiter les vieux villages.
Nous, les Yorkshire, préférons simplement quand les ruelles sont assez larges pour laisser passer une poussette.
C'est tout de même beaucoup plus pratique. 🐾
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