🐾 Journal d'Oscar – Chapitre 48 : Notre travail d'été dans les calanques
Depuis le début de nos vacances près de La Ciotat, Sandy et moi avions découvert beaucoup de métiers.
Explorateurs.
Châtelains.
Maîtres-nageurs.
Inspecteurs de buissons.
Mais ce matin-là...
Nous allions trouver notre véritable vocation.
Tout commença au milieu des magnifiques calanques.
Le soleil brillait déjà très fort.
Les cigales donnaient leur concert quotidien.
Les promeneurs défilaient tranquillement entre les pins et les falaises.
Maman nous installa devant notre limousine royale.
Puis elle accrocha nos deux petites laisses.
Je regardai Sandy.
Elle me regarda.
Je sentais qu'il allait se passer quelque chose d'important.
— Sandy...
— Oui Oscar ?
— Je crois que nous avons enfin trouvé un travail d'été.
Elle ouvrit de grands yeux.
— Vraiment ?
— Regarde derrière nous.
Elle tourna doucement la tête.
La poussette avançait.
En même temps que nous.
Elle resta quelques secondes sans parler.
Puis un immense sourire apparut.
— Oscar...
— Oui ?
— C'est nous qui la faisons avancer ?
Je pris mon air le plus sérieux.
— Évidemment.
— Et Maman ?
— Elle pose simplement les mains derrière pour rassurer les humains.
— Ah...
— Ils seraient impressionnés de voir deux Yorkshire travailler seuls.
Cette explication semblait parfaitement convaincante.
Nous reprîmes donc notre mission avec beaucoup de professionnalisme.
La tête haute.
Le regard fier.
Une démarche digne des plus grands chevaux de trait.
Enfin...
En beaucoup plus petits.
Très vite, les premiers promeneurs s'arrêtèrent.
Une dame éclata de rire.
Un monsieur sortit immédiatement son téléphone.
Une famille entière nous regardait avancer avec un grand sourire.
— Regarde !
dit une petite fille.
— On dirait qu'ils tirent vraiment la poussette !
Je lançai discrètement un regard satisfait à Sandy.
— Tu vois ?
— Oui.
— Notre talent est enfin reconnu.
Nous continuions d'avancer avec une élégance remarquable.
À chaque pas, la poussette roulait.
À chaque pas, les touristes riaient davantage.
Certains nous prenaient en photo.
D'autres nous saluaient.
Je commençais sérieusement à imaginer notre avenir.
— Sandy...
— Oui ?
— Tu te rends compte ?
— De quoi ?
— Nous allons peut-être ouvrir une entreprise.
— Une entreprise ?
— Les Yorkshires Tireurs de Poussettes.
— C'est un joli nom.
— Très professionnel.
— Nous aurons un uniforme ?
— Bien sûr.
— Et des pauses croquettes ?
— Obligatoires.
— J'accepte.
Nous étions déjà en train d'organiser notre carrière lorsque le chemin commença doucement à monter.
Les cigales semblaient chanter encore plus fort.
Le soleil devenait brûlant.
Je continuais à avancer avec beaucoup de dignité.
Enfin...
J'essayais.
Parce qu'il faut reconnaître une chose.
Les vacances, c'est agréable.
Mais travailler sous le soleil méditerranéen...
C'est une autre histoire.
Sandy ralentit légèrement.
Puis encore un peu.
Finalement, elle murmura :
— Oscar...
— Oui ?
— Je commence à avoir chaud.
Je regardai discrètement ma langue.
Elle pendait déjà beaucoup plus qu'au départ.
— Moi aussi.
— Tu crois qu'on peut faire une pause ?
Je réfléchis quelques secondes.
Un directeur des opérations doit toujours prendre les bonnes décisions.
— Sandy...
— Oui ?
— Qu'en dira-t-on si deux Yorkshires royaux se fatiguent devant tout le monde ?
Elle prit immédiatement un air très sérieux.
— Ce serait mauvais pour notre réputation.
— Exactement.
Nous arrivâmes à une conclusion parfaitement raisonnable.
Les grands professionnels savent aussi se reposer.
Nous décidâmes donc de regagner notre véritable moyen de transport.
Notre magnifique limousine royale.
Quelques secondes plus tard...
Nous étions confortablement installés dans la poussette.
À l'ombre.
Le vent caressait doucement nos oreilles.
Je poussai un immense soupir de satisfaction.
— Finalement...
— Oui ? demanda Sandy.
— Ce métier est très fatigant.
Elle acquiesça.
Puis regarda derrière nous.
Longuement.
Très longuement.
— Oscar ?
— Oui ?
— Je crois que je viens de comprendre quelque chose.
Je sentis immédiatement que la conversation prenait une mauvaise direction.
— Ah bon ?
— Oui.
— Quoi donc ?
Elle désigna discrètement Maman.
— Je crois que c'est elle qui faisait avancer la poussette.
Je restai parfaitement calme.
Puis je répondis avec toute la sagesse qui caractérise les grands chefs.
— Chut...
— Pourquoi ?
— Ne gâchons pas une si belle légende.
Sandy éclata de rire.
Moi aussi.
Enfin...
Le plus discrètement possible.
Après tout, il faut préserver un peu de mystère.
Les touristes continueront sûrement à croire que deux courageux Yorkshire tirent eux-mêmes leur limousine royale.
Et entre nous...
Cette version de l'histoire nous plaît beaucoup.
Yorkinement vôtre,
🐾 Oscar
Directeur des opérations... et spécialiste des grandes théories.
🐾 Sandy
Assistante officielle... qui finit toujours par découvrir la vérité.
🐾 La pensée d'Oscar
Les humains disent souvent qu'il ne faut pas croire les apparences.
Ils ont raison.
Parce que parfois...
Les véritables héros sont simplement deux petits Yorkshire qui savent très bien se laisser pousser... avec élégance. 😌🐾
📚 Continuez les aventures d'Oscar et Sandy
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